24 novembre 2022

Patricia Kramer : Célébrer la liberté d’expression

Par Élise Rivard

Artiste peintre d’expérience, Patricia Kramer lance en début d’entrevue : «Je ne connais pas un artiste peintre qui n’a pas croisé un mur un jour en se disant que ça serait beau peindre dessus.» Pour Patricia, les projets de murales sont des occasions de s’exprimer tout en affichant les couleurs de nos artistes locaux.

Patricia Kramer © Gracieuseté de l’artiste

Rendre hommage pour redonner

Patricia est bien consciente que la présence d’une murale peut redonner de l’amour à un mur, embellir de vieux quartiers. C’est d’ailleurs avec cette idée en tête qu’elle a créé la murale Accueillir des tournesols réalisée cet été dans le Bas-du-Cap dans le cadre des Créations inattendues de Culture Trois-Rivières.

Touchée par la guerre en Ukraine, Patricia a produit l’œuvre Accueillir des tournesols pour exprimer son soutien au peuple ukrainien. Pour aider à sa façon. Pour répandre de la joie avec une image, celle du tournesol, symbole du pays. Si la technique utilisée par l’artiste est plutôt simple, c’est qu’elle accordait davantage d’importance au message véhiculé. Logée au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, la murale ne pouvait espérer meilleur endroit pour porter son message social. Une prière en image.

Accueillir des tournesols, murale réalisée par Patricia Kramer sur la rue Notre-Dame-Est à Trois-Rivières © Olivier Croteau

Un léger brouillard, murale réalisée par Patricia Kramer sur le hangar de Batiscan © MRC des Chenaux

Rendre hommage au lieu

Parallèlement à la réalisation d’Accueillir des tournesols, Patricia a répondu à l’appel de projets de la MRC des Chenaux lancé dans le cadre de la création de son circuit de murales. Celui-là même qui lui a permis de suivre une formation avec l’artiste muraliste Annie Hamel et de réaliser une murale sur l’ancien hangar de Batiscan, devenu le bureau d’information touristique du coin.

Lors de notre rencontre, Patricia souligne le soutien remarquable de la MRC qui a su l’encadrer tout en lui laissant beaucoup de liberté, et en faisant preuve d’une grande ouverture à son égard. «C’est avec eux que j’ai fait le plus beau projet de ma vie. Ils m’ont fait confiance, ils ont cru en moi.»

Fière de sa murale de Batiscan, Léger brouillard, Patricia désirait la voir se fondre dans le décor. C’est pourquoi si vous la regardez d’un certain point de vue, la ligne d’horizon de son œuvre se fond parfaitement avec la ligne du fleuve. Un coup d’œil presque magique.

Pour réaliser sa deuxième murale, Patricia a décidé d’opter pour une technique bien différente de celle habituellement utilisée par les artistes muralistes. Aucune projection d’images en mapping ici, mais plutôt, la technique au carreau, avec de gros points de repère, comme sur une toile. Un choix permis par la grandeur du mur et le style du dessin de l’artiste.

Rendre hommage à l'artiste et à son milieu

«Les murales dans les centres-villes c’est parfait pour les touristes, mais il faut qu’il y en ait plus et partout sur le territoire.» Elle ajoute qu’il est important de laisser libre cours à la liberté d’expression des artistes. Faire des murales chez nous, c’est une formidable occasion de donner de la visibilité aux artistes d’ici et d’afficher notre fierté. «Il faut qu’il y ait une histoire derrière la murale; la murale c’est aussi un hommage à l’artiste lui-même.»

L’art de la murale et son récent développement dans la région vous fascinent autant que nous? On vous invite à consulter notre dossier complet sur le sujet juste ici.

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