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11 juin 2026
Nir Wactenama de Laura Niquay : Se faire lumière pour éclairer le chemin de sa communauté
La poésie des couleurs de l’automne sera accompagnée cette année par celle, résiliente et enracinée, de l’artiste atikamekw Laura Niquay, qui lancera à Montréal, accompagnée de précieuses collaboratrices, son album Nir Wactenama.
Laura Niquay © Jean-Philippe Sansfaçon
D'une seule voix
Avec ce nouveau projet musical empreint d’harmonies vocales féminines et d’accents blues, Laura se fait un cadeau : « Cet album-là, je me le lance à moi-même ». Comme tous ses projets artistiques, Nir Wactenama ou Moi, Lumière est d’abord bercé par la sagesse des anciens qui lui chuchotent des enseignements à l’oreille le soir venu. Or, dans le processus créatif de ce nouvel album, Laura s’est permise d’écrire à la première personne, en revisitant certaines de ses blessures pour les transformer en lumière.
Moi, Lumière, c’est un hommage poétique à la force, la résilience et la lumière intérieure de chaque femme de sa communauté. Et cette force-là au quotidien, elle se déploie de quelle façon? « C’est de se tenir ensemble, mais aussi de se lever ensemble », dira-t-elle. Se faire entendre d’une seule et même voix, voilà l’essence même de l’album. Pour y arriver, Laura s’est entourée d’une équipe artistique entièrement
féminine, ce qui lui a permis de laisser toute la place aux thématiques qu’elle voulait aborder de front. Elle mentionne aussi, non sans fierté, qu’elle a appris à Raphaëlle Chouinard et Sarah Dion (du trio punk-rock Les Shirley), et à Marie-Philippe Thibault-Desbiens (de la formation rock Princesses) à chanter dans sa langue. « Je suis la seule femme Atikamekw, les autres musiciennes sont Montréalaises ».
Chanter d’une même voix, une langue aussi riche d’enseignements leur a permis de créer des liens forts et sensibles nécessaires pour arriver à sublimer le chemin individuel de chaque femme en poésie.
L’artiste transcende les genres aussi magistralement que les obstacles. © Monse More
Femme plus grande que nature
Faire entendre son message et arriver à faire sa place dans un paysage musical majoritairement habité par des artistes masculins, peut être un obstacle de taille pour une femme artiste. Davantage peut-être si on est une jeune femme atikamekw. Pourtant, Laura se rappelle le début de sa carrière comme des portes qui s’ouvrent et non comme des obstacles qu’elle a dû surmonter. « Au début de ma carrière, je n’ai pas eu de difficulté à faire ma place. Je pense que j’intimidais les gars! », mentionne-t-elle en riant.
C’est vrai que Laura, par sa parole libérée et sa voix au timbre particulier, incarne l’assurance de celle qui sait où aller. Cette force de caractère lui a ouvert les portes deplusieurs belles collaborations par le passé (dont celle avec Louis-Jean Cormier et Vincent Vallières) qui lui ont permis de transmettre autant que d’apprendre. D’ailleurs, l’artiste mentionne qu’elle apprend énormément des autres en s’inspirant de leur travail comme de leur chemin.
Cette soif de nouvelles connaissances l’amène à découvrir la musique reggae avec un de ses musiciens avec qui elle aimerait créer un album inspiré de ce style musical. Et comme rien n’arrête les rêves et l’ambition de l’artiste, celle-ci caresse l’idée de participer aux plus grands festivals reggae sur d’autres continents. Rien n’est impossible à qui sait nommer à haute voix.
« Au début de ma carrière, je n’ai pas eu de difficulté à faire ma place. Je pense que j’intimidais les gars! »
Porter la parole, être une figure symbolique
Depuis le début de sa carrière, elle a été tour à tour première femme à faire partie de Musique Nomade, à faire une prestation aux Francofolies et à gagner à l’Adisq dans deux catégories. Un chemin de fierté à peine contenue qu’elle trace et partage avec sa communauté qui la supporte depuis ses tout débuts. « Ma communauté m’a toujours encouragée, encore plus maintenant. » On dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Il faut aussi, à l’image de la carrière de Laura, toute une communauté pour permettre à une artiste de se lever, de s’élever.
Et lorsque Laura se met en marche, et qu’elle présente Nosim, son nouveau single offert à sa petite-fille, sa photo se retrouve
en plein coeur du centre-ville de Toronto. De quoi la rendre fière de représenter sa culture partout où elle va.
Déjà en tournée pour cet album dont les thématiques rejoindront grands nombres de femmes, quelques soit leur culture, Laura nous fera (re)découvrir l’étendue de son talent le 5 juillet à Trois-Rivières lors du prochain FestiVoix.
Laura a participé à la campagne Ta biblio, c’est plus que des livres, dans laquelle elle nous parle de ses coups de coeur de musique et de livres, en plus d’une perfo exclusive!
Pour en découvrir plus sur Laura Niquay, c’est par ici!