11 octobre 2021

10 recueils de poésie écrits par des poètes d’ici à (re)découvrir

Par Elizabeth Leblanc-Michaud

L’édition de cette année du Festival international de la poésie de Trois-Rivières et celle du Off-festival de poésie de Trois-Rivières tirent à leur fin. Voulant étirer le plaisir, on revisite avec vous 10 recueils de poésie écrits par des poètes d’ici qui gagnent à être (re)découverts.

Les grandes fatigues d’Isabelle Dumais

Alors que l’instantanéité règne en maître sur nos sociétés ultra-connectées, Les grandes fatigues d’Isabelle Dumais arrive à point. Véritable ode à la lenteur, ce recueil questionne notre rapport aux autres et aux temps, et nous invite à la solitude et au recueillement. C’est le livre de poésie tout indiqué pour celles et ceux qui aspirent à vivre un peu plus lentement.

Isabelle Dumais s’intéresse à la poésie, à l’essai littéraire, à la peinture abstraite et à la philosophie. Étant artiste visuelle et écrivaine, elle a exposé ses œuvres au Québec et à l’étranger.

Shenley d’Alexandre Dostie

Shenley, c’est cru, c’est rude, c’est révolté. C’est une poésie qui sent le musc et le diésel. Un tour de machine parmi la faune exaltée de Saint-Honoré-de-Shenley, petit village natal de son auteur. Mais si le premier recueil d’Alexandre Dostie ne fait pas dans la dentelle, il n’en est pas lourd pour autant. En fait, c’est le livre parfait à lire en buvant une bonne Labatt 50… tablette de préférence !

Si l’univers d’Alexandre Dostie vous plaît, il le transporte très bien à l’écran puisqu’il porte également le chapeau de cinéaste professionnel et a été récompensé à de nombreuses reprises pour son travail, notamment au TIFF (Festival international du film de Toronto).

Cantouques & Cie de Gérald Godin

Avec Cantouques & Cie, replongez à l’époque glorieuse du joual en littérature ! Écrits entre 1962 et 1972, les cantouques de Gérald Godin promettent de vous replonger à une époque où la langue parlée prenait tout juste sa place dans le monde des lettres. À lire haut et fort, et de préférence debout en équilibre sur un billot de bois.

Originaire de Trois-Rivières, Godin a d’ailleurs su faire résonner ses mots lors de la célèbre nuit de la poésie où il a côtoyé d’autres grands noms tel que Pauline Julien, Gaston Miron et Claude Gauvreau.

Sonder la terre de Point de rue et la Coop les Affranchis

Mélange de prose, de poésie, d’illustration et de photographie, Sonder la terre est le deuxième livre d’artiste publié par Point de rue et la Coop les Affranchis. Regroupant les récits de vie de jeunes adultes au parcours difficile, Sonder la terre est une œuvre nécessairement rassembleuse. Un prélude au changement.

Vous n’êtes pas familier.ère avec le travail de ces organismes à but non-lucratif? Point de rue vient en aide aux personnes en situation d’exclusion sociale et d’itinérance. Quant à la Coop les Affranchis de son côté vise à favoriser l’inclusion social, entre autres, en faisant travailler une communauté d’artisan.es qui partage les valeurs inclusives et positives portées par la coop.

Ode au Saint-Laurent de Gatien Lapointe

La réputation du poète Gatien Lapointe n’est plus à faire. Co-fondateur des Écrits des Forges, professeur de poésie et de création littéraire à l’UQTR, il est l’un de nos plus fiers poètes du pays. Avec Ode au Saint-Laurent, Gatien Lapointe nous transporte avec nostalgie là où le corps se fait paysage. Là où le langage se fait ornement.

Homme de lettres au talent incontestable, la bibliothèque du centre-ville de Trois-Rivières a d’ailleurs été nommé d’après lui.

La nuit, tous les éléphants sont gris de Guy Marchamps

Avec La nuit, tous les éléphants sont gris, partez à la découverte du bestiaire aussi charmant qu’étonnant du grand Guy Marchamps ! Si ce recueil de poésie parle d’abord aux enfants, aucun adulte ne saurait rester indifférent devant la brillance des jeux de mots du poète. Plaisir garanti pour les petit·es comme les grand·es !

Le co-fondateur des Éditions d’art Le Sabord a publié également 6 autres livres de poésies pour enfants, un des rares auteurs à faire dans cette niche.

La fiction de l’âme de Gérald Gaudet

Écrit sous forme de prose, La fiction de l’âme de Gérald Gaudet se présente sous forme de petits tableaux en apparence anodins. Pourtant, c’est une poésie d’une beauté et d’une sensibilité désarmantes que nous offre son auteur. Un tout empreint de lyrisme et de questionnements qui promettent de vous habiter longtemps.

Aussi essayiste et intervieweur littéraire, Gérald Gaudet n’a qu’en commun avec le politicien de carrière Gérald Godin la familiarité de son nom et le fait que tout deux sont des poètes mauriciens. Gaudet se distingue par ses mots empreints de douceur et sa mélancolie omniprésente dans son art. Fait cocasse, Gérald Gaudet a reçu le Prix de la littérature Gérald-Godin en 1995 remis par la ville de Trois-Rivières.

Broderies sur mocassins de Charles Coocoo

Publié en 1988, Broderies sur mocassins de Charles Coocoo est le premier recueil publié par un·e poète d’origine atikamekw. En plus de plusieurs passages en atikamekw, on y retrouve les thèmes forts de la nature, de la tradition et du sacré. Un incontournable pour toutes celles et ceux qui désireraient se familiariser avec la poésie autochtone !

Très impliqué au sein de sa communauté de Wemotaci, Coocoo continue encore aujourd’hui à transmettre ses traditions ancestrales aux jeunes atikamekw.

Les garçons au vent de Roxane Nadeau

Avec Les garçons au vent, Roxane Nadeau signe un premier recueil tout en mouvement. C’est une poésie qui grandit à mesure qu’elle avance. Qui ne craint pas les renversements. Les images qu’elle convoque sont envoutantes. On y sent un fort désir de vivre et d’être-au-monde entièrement.

Dans les dernières années, l’autrice a participé à plusieurs collectifs littéraires et s’est aussi démarqué par son engagement dans différentes causes.

Les Soirs rouges de Clément Marchand

Poésie faite de suie et de nostalgie, Les Soirs rouges de Clément Marchand est une œuvre empreinte d’une triste lucidité. Publié pour la première fois en 1947, ce recueil nous transporte à une époque marquée par la crise économique des années 30, où l’on cherchait désespérément l’équilibre entre la campagne et la ville, le passé et le présent.

Originaire de Sainte-Anne-de-la-Pérade, le poète, conteur et nouvelliste remportera le prix Athanase-David à deux reprises en 1939 puis en 1942. Ce prix est la plus haute distinction attribuée à une personne pour sa contribution remarquable à la littérature québécoise. Il l’a d’abord remporté pour Les soirs rouges et ensuite pour son recueil de nouvelles Courrier des villages.

Vous avez aimé?

Partager :

Vous aimeriez aussi