27 janvier 2026

Pousser drette pour vendre sa salade : Francis Legendre, voix émergente de l’humour

Par Magali Boisvert

Contenu créé en partenariat avec Culture Trois-Rivières

Lorsqu’il était enfant, il rêvait d’être humoriste. Maintenant qu’il est diplômé de la très réputée École nationale de l’humour et qu’il est devenu une personnalité connue du milieu, Francis Legendre vit à temps plein de ses blagues.  

Celui que l’on connait pour son projet de balado humoristique Lance & Conte (autour du jeu Donjons et Dragons) présentera prochainement son premier spectacle solo Pousser drette, dans différentes salles de Trois-Rivières. 

Francis Legendre fait partie de la cohorte ayant gradué en 2022 de l’École nationale de l’humour. © Rogelio Navarro

Vendre sa salade

« Quand j’étais enfant, je disais que j’allais devenir humoriste », confie Francis Legendre. Il en a toujours rêvé, mais il ajoute qu’avec l’âge, il ne croyait plus que c’était possible d’en vivre. Le natif de Trois-Rivières poursuit d’abord une scolarité en théâtre, qu’il finit par quitter par manque de passion. L’humour l’interpelle toujours.  

En déménageant à Montréal, il fait de l’improvisation, tout en travaillant dans le milieu des bars et des restaurants. Puis, la pandémie frappe; ses lieux de travail doivent fermer. L’École nationale de l’humour étant à sa portée, il décide de s’inscrire aux cours du soir, puis il auditionne pour entrer dans la prochaine cohorte. S’il n’y parvenait pas, il s’était promis d’explorer une autre option : devenir maraîcher. Vous devinez la suite… Aujourd’hui, Francis Legendre ne vend pas des légumes (même s’il lui arrive, à l’occasion, de devoir vendre sa salade). 

Je reviens de Montréal

Francis Legendre vient de la région ; c’est difficile de le cacher avec sa diphtongue typiquement trifluvienne. En 2025, il hérite de la maison quasi centenaire de sa grand-mère et revient s’y installer avec sa conjointe.  

Pour lui, Trois-Rivières est un terreau fertile pour une nouvelle communauté d’humoristes ; il trouve la ville « florissante, lumineuse ». « Il y a de l’espace à Trois-Rivières pour que l’humour vive », ajoute Francis. Il espère y organiser des soirées micro ouvert ; des événements mensuels qui pourraient devenir un quartier général pour les nouvelles voix de l’humour. Après tout, la communauté est vitale au métier. 

L’humoriste est très présent sur les réseaux sociaux. Il accumule plus de 40 000 abonnés sur Facebook, 34 000 sur Instagram et 68 000 sur TikTok. © Émilie Lapointe

L’union fait la farce

En humour, l’esprit de communauté n’est pas une exception, mais bien la règle. « Ce qui est le fun avec l’humour, c’est que la plupart du temps, ce que tu vas créer, tu vas le jouer devant une gang de collègues », explique Francis.  

C’est ce désir de collaboration qui lui a permis d’écrire pour d’autres humoristes comme Marc Dupré, d’animer dans des endroits comme le Saint-Jean Comédie Club – en plein cœur du centre-ville de Québec – ou de rassembler d’autres artistes du rire, chaque mois, au (feu) bar l’Entité. 

 Si la communauté de pairs est essentielle à sa pratique, la communauté que représente le public l’est tout autant. Contrairement à la plupart des domaines artistiques, l’humour dépend de la réception directe de son public pour exister. « J’ai pas le choix de tester [mon travail] devant le monde pour voir les réactions », avance Francis.  

Si, auparavant, son objectif était de provoquer le plus de rires possible dans les salles, aujourd’hui, il se préoccupe davantage de ce qu’il a envie de transmettre comme message.  

Legendre se dit soulagé que l’humour ne soit plus aujourd’hui peuplé de blagues de « blondes gossantes » ou de « belles-mères ». « Ça fait du bien », lance-t-il en riant. © Vincent Descoteaux

Pousse drette mais pousse égal

Pousser drette, son tout premier spectacle solo, est très personnel. « Tout ce qui était autour de moi aurait pu faire en sorte que je pousse croche, mais je suis en train de pousser drette », partage-t-il. C’est de là que vient l’idée derrière le titre accrocheur.  

C’est un spectacle « niaiseux » et « rassembleur ». Drôle, évidemment, mais il espère qu’il y aura « peut-être un petit bout qui va aller se loger dans ton cœur ».  Dans la description de son spectacle, on peut lire : « On va rire, on va se patenter du bonheur, pis qui sait… on va peut-être même se dire collectivement qu’on s’aime un peu. » Malgré tout, Francis Legendre cherche encore ses mots pour parler de son spectacle : « J’ai du mal à le décrire moi-même. Il faudrait que les gens qui vont aller le voir me le disent. »  

Les représentations du 29 et 30 janvier affichent déjà complet ! On vous invite alors à réserver vos places pour le 28 mai 2026 (salle Anaïs-Allard-Rousseau) ou bien, le 9 avril 2027 (Théâtre du Cégep de Trois-Rivières)Peut-être y trouverez-vous les bons mots pour le décrire. 

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