19 mai 2026

« Du poulailler au monde entier » : David Corriveau, un imitateur qui a l’instinct de la scène

Par Alexis Lambert

Culture Shawinigan

Contenu créé en partenariat avec Culture Shawinigan

L’imitateur, chanteur et comédien David Corriveau présentera à travers le Québec son spectacle 100 contrefaçons. Unique en son genre, cet intime spectacle de variété offrira à son auditoire une cinquantaine d’imitations allant de Freddie Mercury à Céline Dion. En vue de son passage à Shawinigan le 7 juin prochain, le natif de Saint-Boniface nous ouvre les portes de son univers.

Lorsque j’ai rencontré David, on sentait déjà que l’attente du spectacle était palpable. Il venait de raccrocher au téléphone avec sa mère : « Ma mère a vu ma face sur le journal de Montréal, dans les sept shows à voir! » Bien que le spectacle ait déjà tourné par le passé, les prochaines dates sont toutes autant attendues, avec énormément de supplémentaires.

L’artiste multi-facette David Corriveau. Chanteur, imitateur et comédien. © Annie Éthier

Un prodige dans la basse-cour

L’artiste, en plus d’être versatile, est un autodidacte. À travers ce parcours fulgurant depuis 2021, il m’a raconté que son premier amour avait été la musique. Seul garçon de sa fratrie, il a commencé à imiter alors qu’il était en punition dans sa chambre. Écoutant attentivement la radio, il s’amusait à chanter comme la voix qui en sortait : « Quand je réussissais à faire la voix je sentais que je devenais la radio, c’est métaphysique mais c’est comme si les ondes partaient de ma bouche. J’avais l’impression que c’était moi qui étais dans la radio ».

De cette expérience quasi-mystique est né 100 contrefaçons. À la fois mi-chanson et mi-théâtre, on y découvre la vie artistique de l’imitateur qui n’a pas toujours été facile. « Déjà mes imitations quand j’étais jeune ça polarisait » me raconte-t-il. Il imitait si bien le coq du poulailler familial que ce dernier voulait se battre avec lui au grand désarroi de sa mère. Il retrouvait déjà à cette époque ce qui ferait le succès de ces futurs spectacles. Pour David, la clé de l’imitation c’est de faire vivre l’émotion, tout en apportant sa propre couleur dans ses performances.

En direct de l’univers de Ginette Reno, le 25 avril dernier. © Ludovic Photographe

Le courage d’être soi-même

Malgré les difficultés, David a eu le courage quotidien de vivre son rêve : « J’ai toujours eu l’instinct très fort, je savais que je ferais quelque chose avec ça un jour. Quoi, comment, je savais pas. Mais je savais qu’il y avait quelque chose à faire avec ça, parce que ça donnait trop de réactions ». Le chanteur s’inscrit dans une niche difficile puisqu’en plus d’être un des seuls imitateurs de sa génération il est le seul à imiter des voix des femmes en restant lui-même, un élément de surprise qui en déstabilise plusieurs.

Dernièrement encore, il déstabilisait lors de son passage à l’émission En direct de l’Univers, en l’honneur de Ginette Reno. L’expérience, bien qu’elle souligne son talent, est une des plus difficiles pour l’imitateur. Imiter une personnalité connue est très intimidant d’un côté et évidemment, terriblement confrontant pour la personne concernée. David nous a raconté que peu importe l’imitation, les gens imités la trouve toujours inexacte, car ils ne sont pas habitués de se voir de l’extérieur. Dans tous les cas, l’artiste est toujours dans l’hommage et jamais dans la dérision.

Photo d’une prestation de 100 contrefaçons. David Corriveau est omniprésent vocalement. L’ensemble des voix, incluant celles de la trame, sont la sienne. © Nina Gibelin Souchon

« Quand je réussissais à faire la voix je sentais que je devenais la radio, c’est métaphysique mais c’est comme si les ondes partaient de ma bouche. J’avais l’impression que c’était moi qui étais dans la radio. »

Durant le spectacle Imite-moi si tu peux devant plus de 15 000 personnes à la place des festivals de Montréal à l’été 2025 avec André Philippe Gagnon. © Myriam Frenette

 

De Saint-Boniface au monde entier

Bien qu’il soit montréalais depuis plus d’une décennie, David a toujours à cœur son village natal et les artistes d’ici : « J’ai la campagne en dedans » précise-t-il en riant. Je lui ai demandé quel était ses collaborateurs rêvés en Mauricie. Parmi eux, il y a le chanteur Sylvain Cossette, dont il fait déjà une imitation mais aussi Ingrid St-Pierre, dont il admire le talent : « Y a quelque chose de doux, j’adore ça, je pourrais faire une collab au piano ».

Les rêves de l’imitateur pour la suite des choses sont grandioses, puisqu’il souhaiterait, à l’issue d’une tournée québécoise, transposer l’univers de 100 contrefaçons en France. Cette grande ambition le rapproche de lui-même : « Mon show c’est vraiment sur essayer de se rapprocher de son essence. Moi quand j’tais p’tit, j’étais dans le poulailler les pieds dans la marde, mais je rêvais à la Place des Arts pis je le sentais ».

100 contrefaçons de passage à Shawinigan le 7 juin à la salle Philippe-Fillion du Centre des arts. Un grand retour au patelin pour ce natif de Saint-Boniface.

Vous avez aimé?

Partager :

Vous aimeriez aussi