18 janvier 2022

Eliane Ste-Marie: Portrait d’une brodeuse non conventionnelle

Par Marie-Ève Francoeur

Certain·es artistes font le choix de la peinture, du collage ou de la sculpture comme moyen d’expression alors que d’autres se tournent vers des médiums plus inusités. C’est le cas d’Eliane Ste-Marie qui a opté pour… la broderie!

Portrait d’une créatrice au parcours aussi singulier que surprenant dont la façon de manier fils et aiguille nous donne envie de nous réapproprier les savoir-faire d’antan.

Ceci n’est pas un point de croix

Bien que la broderie repose sur des techniques bien définies, quelques coups d’œil sur l’ouvrage d’Eliane Ste-Marie suffisent pour nous convaincre que sa pratique n’a rien de conventionnel. En effet, bien qu’elle ait été initiée aux rudiments de cet art textile dès son jeune âge, l’artiste trifluvienne s’est rapidement détournée de la façon de faire traditionnelle pour donner à son travail une signature unique.

Inspirées des livres de sciences naturelles des 18e et 19e siècles, les œuvres d’Eliane Ste-Marie fascinent par leur précision et leur souci du détail. À travers l’habile entrelacement des couleurs et des textures, la brodeuse parvient à reproduire ses sujets avec un réalisme saisissant, faisant paraître fougères, mésanges, champignons et autres merveilles plus vraies que nature.

Broderies © Eliane Ste-Marie

De livres en aiguilles

Copropriétaire de l’Exèdre, une librairie indépendante ayant pignon sur rue à Trois-Rivières depuis plus de 40 ans, Eliane Ste-Marie pratique la broderie depuis une vingtaine d’années.

En 2017, elle met sur pied l’Atelier de l’Épinoche, nom choisi en l’honneur d’un poisson qu’elle affectionne particulièrement. Reconnu pour sa crête d’épines, mais également pour son étonnante capacité à confectionner des nids à partir de matériaux divers, la créature marine évoque autant la passion de la brodeuse pour les travaux d’aiguille que son intérêt pour la collection d’objets. Souvenirs de ses nombreuses promenades sur les rives du Saint-Laurent à Pointe-du-Lac, dans le Bas-Saint-Laurent ou en Gaspésie, les trouvailles d’Eliane côtoient les canevas qui reposent sur les tablettes de l’atelier pour former, avec les livres qu’elle aime feuilleter, un bassin d’inspiration infinie pour les projets en cours et à venir.

« À travers l’habile entrelacement des couleurs et des textures, la brodeuse parvient à reproduire ses sujets avec un réalisme saisissant, faisant paraître fougères, mésanges, champignons et autres merveilles plus vraies que nature. »

Le Cabinet © Suzie Bergeron, Eliane Ste-Marie (2021)

Une sorte de yoga pour les mains

En plus de son poste à l’Exèdre, Eliane Ste-Marie consacre plus de 20 heures par semaine à son art. Loin de représenter une surcharge, même si terminer une commande dans les délais convenus ne se révèle pas une activité dénuée de stress, occuper ses mains correspond à un moment de ressourcement et de détente pour la libraire. Comme la lecture ou les balades qu’elle multiplie au bord du fleuve, la broderie recèle pour elle quelque chose de contemplatif, voire de méditatif.

Les travaux d’aiguille d’Eliane Ste-Marie ont piqué votre curiosité? Une exposition est attendue en avril 2022 au Centre d’exposition Raymond-Lasnier.

En attendant de visiter ce cabinet qu’elle partagera avec l’artiste trifluvienne Suzie Bergeron, il est possible d’en apprendre davantage sur son parcours en visionnant la courte capsule vidéo réalisée par La Fabrique Culturelle.

Le travail d’Eliane Ste-Marie peut également être contemplé sur la page Facebook de l’Atelier de l’Épinoche ainsi que sur la boutique Etsy de l’artiste où quelques pièces sont toujours disponibles pour votre collection personnelle.

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