2 avril 2026

Récits en Résonance d’Olivier Ricard : quand les écrans font réfléchir

Par Élise Rivard

Culture Trois-Rivières

Contenu créé en partenariat avec Culture Trois-Rivières

Que nous montrent les réseaux sociaux? Un reflet de nous-même? De la désinformation que nous ne questionnons plus? Ce sont les questions qu’Olivier Ricard et sa nouvelle exposition Récits en Résonance mettent de l’avant dans une installation vidéo dans laquelle vous pourrez vous plonger jusqu’au 14 juin à l’Espace Pauline-Julien.

Espace-temps

Olivier Ricard n’a pas baigné dans les arts visuels. D’abord formé en animation 3D, il réalise qu’il n’y développe pas assez sa fibre artistique. C’est le profil nouveaux médias du baccalauréat en arts visuels de l’UQTR qui va lui ouvrir le monde de l’art vidéo, et ce, jusqu’à la maîtrise. À sa pratique d’artiste, Olivier Ricard ajoute aussi celui d’enseignant et de coordonnateur du studio numérique Cobalt à l’Atelier Silex.

Récits en Résonance © Olivier Ricard

Il travaille en création vidéo pour ses propres productions, mais collabore aussi avec Sébastien Goyette, Gabriel Mondor (pour Brûlures abstraites) et Alex Poulin (L’Allégorie du placard). Ce qu’il aime de ce médium c’est l’idée du parcours, du multisensoriel et tout le travail de la spatialisation de l’image. « Tu ne fais pas juste être devant une image, tu es dans un espace, un déplacement et tes sens sont sollicités de plusieurs manières. Tu dois y consacrer du temps. »

« L’idée est qu’il n’y ait pas nécessairement un récit explicite, mais il peut se créer dans l’imaginaire du spectateur ou du visiteur. »

Récits en Résonance © Olivier Ricard

Olivier Ricard © Steve Gerrard

Espace narratif

Au-delà de découvrir l’art vidéo, qui lui apporte plus de liberté, il y sent tout le potentiel narratif, plus artistique. La narrativité sera toujours au cœur de toutes ses créations. Pas comme une histoire au sens classique du terme, mais avec le potentiel du récit permettant de jouer sur l’ambiguïté. « L’idée est qu’il n’y ait pas nécessairement un récit explicite, mais il peut se créer dans l’imaginaire du spectateur ou du visiteur. » Cette définition de la narration et de la potentialité du récit va définir sa nouvelle exposition Récits en Résonance.

Espaces numériques

Sa nouvelle création naît de son intérêt pour les relations entre individus, mais surtout du point des vue des interactions sur le web. Il y aborde la tension entre le réel et la fiction, la désinformation et les opinions très polarisées qui en découlent.

La grande réflexion sur laquelle s’articule Récits en Résonance est surtout le phénomène de chambre d’écho; cette répétition de nos opinions et nos pensées sur les réseaux sociaux. La chambre d’écho se trouve exacerbée par les algorithmes qui nous renvoient que ce qu’on aime, que les opinions semblables aux nôtres et nous enferme dans un mode de pensée en négation des opinions alternatives. « Il se forme une sorte de repli sur soi, malgré l’aspect collectif, parce qu’on est ensemble à penser la même chose, tu te confortes dans ton opinion. Je trouve ça troublant », ajoute Olivier Ricard. Si on ajoute à cela, la désinformation qui se propage sur ces plateformes, on engendre une perte de la pensée critique. Ces préoccupations ont nourri sa création.

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Récits en Résonance © Olivier Ricard

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Récits en Résonance © Olivier Ricard

Espaces de réflexion

Installation vidéo composée d’écrans multiples, Récits en Résonance nous immerge dans l’histoire d’un personnage sur quatre actes. Tranquillement, il se détache du réel, entre dans une chambre d’écho et dans le tourbillon de la désinformation, pour sombrer dans une théorie du complot.

Mettant en scène la comédienne Élizabeth Darveau, le tout est accompagné de la bande sonore de Fred Murray. L’ambiance sonore amplifie la tension : « Elle plonge le spectateur dans une atmosphère lourde et dramatique, mais surtout étrange. »

Selon Olivier Ricard, l’œuvre prend son sens si on prend le temps de la regarder plus d’une fois. Il conseille de parcourir l’espace à quelques reprises et de rechercher des éléments ou d’autres pistes narratives sur l’ensemble des écrans.

Intrigués de vous plonger dans l’expérience à votre tour? C’est à l’Espace Pauline-Julien jusqu’au 14 juin 2026. Pour tous les détails c’est ici.

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