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- Voix de Pasaj : Le chemin artistique vers l’inclusion
Comme le disait Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais : « Je définis la culture ainsi : c’est tout ce que les hommes ont imaginé pour façonner le monde, pour s’accommoder du monde et pour le rendre digne de l’homme. » L’organisme trifluvien Voix de Pasaj met en action cette définition avec son service de développement artistique interculturel.
Concert Passage en mode Mozaïque de Voix de Pasaj. © Cyrille Farré
De la Martinique à la Mauricie
Sandra Baron, directrice générale et co-fondatrice de Voix de Pasaj vit une véritable histoire d’amour avec la Martinique depuis trente ans. Anthropologue de formation, elle développe une passion pour les écrits d’Aimé Césaire et va même étudier en Martinique. Elle y rencontre Doré Sowlo, auteur-compositeur-interprète martiniquais qui habite aussi Trois-Rivières, et qui deviendra son complice co-fondateur.
Sandra Baron, directrice générale et co-fondatrice de Voix de Pasaj. © Christine Berthiaume
Là-bas, elle fait découvrir la musique autochtone et réalise à quel point l’art n’a pas de frontières, malgré la langue. Pourtant plusieurs communautés peuvent vivre de l’insularité culturelle. « Il faut leur trouver une voie de passage. », se disait Sandra Baron. De là, va naître en 2022, Voix de Pasaj, une combinaison de mots québécois et créole. Cette alliance du Québec et de la Martinique jettera les bases identitaires de l’organisme.
« On soutient des projets collaboratifs de plusieurs membres, et plus la collaboration est bizarre, plus on aime ça. »
Rencontre interculturelle de Voix de Pasaj au Repère des Mauvaises Langues. © Doré Sowlo
L’union culturelle fait la force
Leur mission : l’art au service de l’inclusion; l’art au service du vivre-ensemble. « Pour l’instant, on ne fait pas la promotion ou le soutien aux projets solos de nos artistes. On soutient des projets collaboratifs de plusieurs membres, et plus la collaboration est bizarre, plus on aime ça », explique Sandra Baron.
Les projets prennent autant la forme d’expositions, de prestations, d’ateliers et de conférences. On peut penser à des initiatives comme la série La Parlotte polyglotte, Les grandes exploratrices, La poésie des malchanceux ou leur nouveau spectacle Passage en mode Mozaïque, qui présente une série de tableaux avec huit musiciens et un narrateur.
Sandra Baron et Doré Sowlo, au coeur de Voix de Pasaj. © Christine Berthiaume
Les ateliers et conférences leur permettent de rejoindre camps de jours, écoles, maisons des femmes, maisons des aînés, municipalités et bibliothèques. Ce volet médiation culturelle offre un partage de compétences artistiques, mais surtout un maillage du développement social et culturel. « On fait aussi la décriminalisation des jeunes par l’art. On accompagne des jeunes en situations complexes à se découvrir par l’art introspectif. » On voit les étoiles dans les yeux de l’amoureuse des arts, mais surtout l’anthropologue fascinée par l’humain et sa diversité.
Quand tous les chemins mènent à Voix de Pasaj
Si les débuts sont modestes, on compte aujourd’hui 84 artistes membres : Attikameks, Québécois, Brésiliens, Burkinabè, Paraguayens, Espagnols, Haïtiens, Martiniquais, Français, Maliens et Ivoiriens. La particularité de Voix de Pasaj, c’est de travailler en interculturalité, tout en étant bien ancré en Mauricie. Des racines commencent à se créer dans d’autres territoires comme le Centre-du-Québec et bientôt Lanaudière.
Parmi les membres, des artistes citoyens talentueux, des professionnels, des artistes émergents ou en voie de professionnalisation pour lesquels on offre un accompagnement. Tous niveaux économiques et toutes disciplines sont bienvenus. L’organisme ouvre la voie pour créer des liens entre membres et les tisser à la communauté. Preuve que le maillage artistique crée des bijoux et que l’adhésion sociale est là.
Au lancement du balado de Voix de Pasaj. © David Leblanc
Entre le Québec et la Martinique, mon cœur balance
La Martinique n’est jamais bien loin. En 2024, à la suite d’une première demande de financement à la direction des affaires culturelles de la préfecture de la Martinique, Voix de Pasaj y est reconnu comme acteur culturel de développement international. En mai 2026, l’organisme ajoute l’honneur d’être l’interlocuteur privilégié arts et culture de la Martinique au Québec. Ça permet de mettre en place une résidence croisée d’artistes martiniquais et québécois à chaque année.
Pour justement découvrir la Martinique avec Sandra Baron lors de la Table des Cultures, le prochain spectacle de Doré Sowlo ou admirer la prestation de membres de Voix de Pasaj lors de la journée festive de l’immigration au quai de Sainte-Angèle (avec la présence de Corneille), suivez le son de leur voix, ici.