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- Jenny Low et Virginie Piqûre : Créer sa place en Mauricie
La coiffeuse et chanteuse Jenny Low et la tatoueuse et illustratrice Virginie Arseneault (Virginie Piqûre) font dialoguer coiffure, tatouage et événements culturels avec vie locale. Créatrices des Sans Rendez-vous à la Criaillerie de Shawinigan, elles racontent comment leurs pratiques ont pris racine dans la communauté.
Coiffure en tout lieu et à tout âge, Jenny Low à l’oeuvre. © Francis Landry
Comment votre pratique trouve-t-elle sa place en Mauricie?
Jenny Low : « Après des années à travailler dans les bars et le milieu de la musique, je suis devenue coiffeuse. Je cherchais alors à travailler dans des salons dynamiques, avec des gens cool, mais il me manquait quelque chose.
C’est en ouvrant mon propre salon que tout a changé. Je voulais un endroit authentiquement moi : coiffure freestyle à la lame, tarifs non genrés, espace accueillant pour la communauté 2ELGBTQI+, combiné avec une friperie.
Parallèlement, en coiffant bénévolement dans des organismes communautaires locaux, j’ai commencé à me sentir à ma place. C’est cet esprit de communauté qui est au cœur des événements qu’on organise, Virginie et moi. On ne voulait pas attendre les opportunités, on voulait se les créer. »
Virginie Piqûre encre moult bras, jambes et plus de la communauté shawiniganaise et mauricienne. © Emilie Duchesne
Virginie Piqûre : « Quand je suis revenue en Mauricie après quelques années à tatouer à Toulouse et à Montréal, tout était à faire pour moi, ici.
Je me suis installée au Studio La Tour, à Trois-Rivières, sans pignon sur rue. J’ai compris que, pour moi, la visibilité ne passerait pas seulement par les médias sociaux, mais aussi par des événements et des contacts humains. J’ai écrit à Jenny sur Instagram : son concept de friperie, sa personnalité et ses projets dans la communauté me rejoignaient.
On a créé des [événements] pop-ups dans mon studio, réunissant coiffure, tatouage et métiers d’arts. Ça a piqué la curiosité des gens, on a senti l’intérêt. »
Devenu un événement saisonnier attendu, les Sans-Rendez-vous sont présentés à La Criaillerie, sous une thématique nouvelle à chaque fois. Présentant le différent travail et les créations variées d’une douzaine d’artistes d’ici, c’est une occasion unique de créer des liens avec des esprits créatifs. © Emilie Duchesne
L’initiative de Virginie Piqûre et Jenny Low permet à chacun de ces marchés ponctuels de mettre de l’avant les talents d’artistes locaux et de familiariser les quartiers avec l’offre culturelle locale. © Francis Landry
Quelles sont les réalités du métier quand vous sortez du salon ou du studio?
Jenny Low : « Il y a des personnes qui viennent nous voir aux événements et qui ne viendraient probablement pas dans nos studio et salon. Sortir de notre environnement régulier enlève des barrières. On devient plus accessible. Techniquement, pour moi, à part pour mes repères spatiaux, ça ne change pas grand-chose.»
Virginie Piqûre : « Pour moi, c’est un peu plus compliqué. Tatouer demande beaucoup de matériel. Sortir de façon minimaliste, ça se peut, mais pour que ce soit simple et agréable, j’ai décidé de prendre un atelier-studio à La Criaillerie, en plus de mon espace à Trois-Rivières.
J’y suis maintenant une journée par semaine pour répondre à la demande générée par la clientèle locale qui m’a découverte aux Sans Rendez-vous. »
« C’est cet esprit de communauté qui est au cœur des événements qu’on organise, Virginie et moi. On ne voulait pas attendre les opportunités, on voulait se les créer. » – Jenny Low
Oeuvres de Virginie Piqûre. © Emilie Duchesne
Quelles sont vos inspirations ou modèles dans votre travail?
Virginie Piqûre : « J’essaie surtout de m’inspirer des gens et des choses qui m’entourent. Je pratique le style traditionnel américain. Les références et les thèmes y sont souvent les mêmes. J’essaie de sortir de ça en m’inspirant, par exemple, d’une brocante, de la faune québécoise, de la culture locale.
La communauté créative de La Criaillerie m’inspire beaucoup : Roxanne Lacourcière, Étienne Turmel, Jenny… Les côtoyer me nourrit plus créativement que les tatoueuses et tatoueurs que je suis sur Instagram, par exemple. »
Jenny Low : « Côté coiffure, celleux qui m’ont motivée à aller de l’avant avec la technique de la lame texturisante, de sculpter le cheveu, c’est un couple de Français qui s’appelle Coiffeur Story.
Je suis aussi très inspirée par l’autrice et créatrice de contenu Florence Given, qui travaille beaucoup sur l’empowerment féminin. Ça m’aide dans mon rôle d’entrepreneure, et en tant que femme aussi. »
Quelles recommandations culturelles avez-vous en ce moment?
Jenny Low : « Les micros ouverts organisés par Les Fées ferrées à Trois-Rivières et ceux des P’tits pas fins à Shawinigan. Toujours de bonnes soirées! »
Virginie Piqûre : « À Shawinigan, il n’y a pas de cinéma entièrement dédié aux films indépendants. Mais le ciné-club Les Beaux Lundis organise des projections deux fois par semaine au cinéma Biermans. Je trouve que c’est vraiment une belle initiative. »
Le prochain événement Sans Rendez-vous aura lieu le 30 août prochain à la Criaillerie sous le thème Tutti Frutti, et regroupera cette fois coiffure, tatouage, photographie, arts visuels et métiers d’art.