25 août 2026

Le TGP : Un théâtre bénévole qui tend vers la liberté

Par Magali Boisvert

Le Théâtre des Gens de la Place, alias le TGP, offrira cette année encore une programmation riche, avec trois pièces présentées en septembre, décembre et mars. On pourra y voir des comédien·nes incarner tour à tour une professeure d’université, un gardien de zoo, un jeune héritier qui n’est pas ce qu’il croit être et une panoplie de créatures humaines, animales et imparfaites. Toutes, tendant la main vers la liberté. Le plus impressionnant? Cette compagnie de théâtre opère de manière complètement bénévole.

Les artistes du TGP travaillent pendant des mois pour présenter cinq fois leur création. Embrasse, 2025. © Mario Groleau

Ne pas compter ses heures

Étienne Bergeron est le directeur artistique du TGP. Son rôle lui présente une toute petite liste de tâches : sélectionner les pièces de la saison parmi celles reçues, solliciter des metteurs et metteuses en scène directement au besoin, vérifier les droits et disponibilités des textes, planifier les auditions, faire le suivi pendant l’année avec les équipes attachées à chaque projet et garder un œil sur les finances requises pour mener à bien la conception des décors et des costumes. Cette année, il signera également lui-même la mise en scène de l’une des pièces au programme.

Vraiment, ça se tourne les pouces, au TGP.

Étienne Bergeron mentionne qu’il « essaie toujours d’amener une certaine diversité, c’est-à-dire du théâtre aussi bien français que québécois, du plus classique au plus contemporain. » La vie en rouge, 2025. © Mario Groleau

Par et pour les gens de la Mauricie

Fondé en 1993 par quatre jeunes passionné·es de théâtre, le TGP a toujours eu les racines bien implantées dans la région. « Quand ça a été créé, il y avait une volonté spécifiquement de faire du théâtre qui était destiné aux gens de la Mauricie, fait par des gens de la Mauricie », affirme Étienne Bergeron.

Cette vision habite toujours les membres de l’équipe du TGP, qui œuvrent dans la région de manière bénévole, faisant du TGP une troupe amateure au sens strict du terme, bien que nombre des comédien·nes possèdent un parcours professionnel.

Leur source de financement? Les billets vendus lors des représentations, mais surtout le financement d’un programme du Ministère de la Culture et des Communications qui prendra fin en 2027. Il n’existe aucune programme au Québec qui subventionne spécifiquement le théâtre amateur, contrairement aux compagnies professionnelles, qui elles-mêmes vivent une crise sans précédent.

Le directeur ignore si d’autres sources de financement seront disponibles pour permettre au TGP de continuer ses activités après la saison à venir. D’où, selon lui, l’importance de faire connaître leur programmation et d’inviter le public avare de culture à se laisser épater par trois pièces à saveur de liberté.

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Les Botuliques, 2024. © Mario Groleau

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Cabaret des Neiges, 2024. © Mario Groleau

« Il y avait une volonté spécifiquement de faire du théâtre qui était destiné aux gens de la Mauricie, fait par des gens de la Mauricie. »

L’équipe du TGP n’a pas peur d’aborder des enjeux d’actualité de manière engagée. Féminisme, identité de genre et sexuelle, relations de pouvoir, tout y passe. Les Serpents, 2025. © Mario Groleau

La liberté, déclinée en trois pièces

Étienne Bergeron essaie toujours de choisir les pièces de la saison en fonction d’un thème. L’année 2026-2027 est marquée par la liberté. Du 24 au 27 septembre, pour cinq représentations seulement, la pièce Gabriel·le de George Sand, mise en scène par le directeur artistique lui-même, sera présentée à la salle Anaïs-Allard-Rousseau.

Il s’agit d’une œuvre étonnamment actuelle, bien que le roman dont s’inspire le TGP ait été écrit au 19e siècle. Gabriel, né fille, découvre qu’il a été élevé comme garçon par sa famille souhaitant hériter d’une grande fortune – les héritières féminines étant inexistantes à l’époque. Gabriel·le a donc le choix de continuer sa vie comme homme, avec tous les privilèges qui l’accompagnent, ou de vivre en tant que femme.

Les costumes et décors sont fabriqués avec soin par l’équipe du TGP. Les Femmes de Molière, 2025. © Mario Groleau

Du 10 au 13 décembre, à la salle Louis-Philippe-Poisson, c’est la pièce Alfred d’Emmanuel Schwartz et Alexia Bürger qui sera mise en scène par Patrick Straehl. Un gardien de zoo américain, Clyde Redding, se trouve dans une situation cocasse mais épineuse : l’entièreté des animaux de son zoo s’est enfuie et parcourt la ville d’Akron, en toute liberté.

Enfin, du 11 au 14 mars 2027, à la salle Anaïs-Allard-Rousseau, Emmie Massicotte met en scène la pièce québécoise Hurlevents d’après un texte de Fannie Britt. Inspirée du célèbre roman d’Emily Brontë, la pièce présente une soirée où des étudiant·es invitent à souper leur professeure de littérature. On découvrira assez vite que cette professeure d’université a dénoncé son collègue, qui aurait eu des relations non éthiques avec de jeunes étudiantes… dont une qui se trouve à table.

Pour plus de détails sur la programmation et la mission du TGP, nous vous invitons à consulter leur site web. Les billets pour la saison 2026-2027 sont actuellement en vente.

 

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