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24 août 2026
Le Salon Wabasso et Éric Lavergne : Risques et défis d’une programmation mauricienne
L’été tire à sa fin et avec lui les grands festivals. Mais n’ayez crainte, car le Trou du Diable sera prêt à offrir cet automne une programmation pour tous les goûts. Pour percer les différents secrets et défis du métier de programmateur en Mauricie, je me suis entretenu avec Éric Lavergne, instigateur principal de la renaissance du Salon Wabasso.
Ça fait maintenant trois ans que le Salon a été ravivé, comme le raconte Éric. En effet, dans l’après-pandémie, la salle shawiniganaise était un peu tombé en désuétude. Bien qu’elle ait continué de servir pour certains événements relatifs au Trou du Diable, le programmateur était épris d’une volonté de remettre la salle dans le circuit musical québécois, comme elle l’était par le passé. Elle offrira, dès le mois de septembre, des spectacles aussi divers que Comment Debord, Qualité Motel, Manu Militari et plusieurs autres.
Une salle comble au Salon Wabasso. © Clément Villemont
Jeter un dé, récolter la mise
Le circuit régional peut être difficile, autant pour les artistes que les diffuseurs ou le public. Pour Éric Lavergne, qui a appris le métier en autodidacte, le succès d’une programmation est parfois relié au hasard. « C’est un peu un coup de dés que tu lances » explique-t-il. Trouver le juste milieu entre une programmation sûre mais originale n’est pas une mince affaire. Contrairement aux grands centres, les régions sont moins dans une offre de découverte, ce qui fait que les gens ont parfois moins de curiosité à venir voir des spectacles d’artistes qu’ils ne connaissent pas. Malgré cette réalité, le Salon Wabasso met au moins deux spectacles par mois à l’horaire. « À Montréal, je comprends que tu peux booker un mardi soir, mais en région c’est plus compliqué » raconte Éric.
Chris de Rio enflamme la foule. © Clément Villemont
L’équipe programme parfois des artistes moins connus, mais qui finissent par rapporter beaucoup. Parmi les derniers faits d’armes, le spectacle du rappeur Lost, qui a rempli la salle, mais aussi celui du groupe Velours Velours. À propos de ce spectacle, Éric se remémore : « Ça c’est un des plus beaux moments dans la salle les trois dernières années, j’ai vu une gang de jeunes début vingtaine devant le stage danser et chanter avec le groupe, c’est ça ma paie, c’est pour ça je fais ça, c’est pour ça je fais la promotion de la culture émergente et underground, c’est pour voir la jeune génération tripper ».
D’autres défis s’ajoutent aussi à la concoction d’une belle programmation. Les diffuseurs comme Éric reçoivent beaucoup d’offres et ils ne peuvent malheureusement pas tout prendre… ni tout avoir. C’est un métier qui demande beaucoup d’anticipation mais aussi de négociation. Il faut savoir inviter les artistes au bon moment, afin qu’ils soient assez populaires pour remplir la salle, mais pas trop pour leur filer entre les doigts!
Un spectacle du groupe industriel Mr. 82. © Éric Lavergne
« Il faut savoir inviter les artistes au bon moment, afin qu’ils soient assez populaires pour remplir la salle, mais pas trop pour leur filer entre les doigts! »
Le chanteur des Vulgaires Machins en plein bodysurf. © Éric Lavergne
Programmation endiablée
Il y en aura certainement pour tous les goûts cet automne et c’est aussi le pari d’Éric Lavergne. Pour lui, être un bon programmateur consiste surtout à être capable de s’abstraire de ces goûts pour offrir une offre diversifiée.
Mais en plus de cette versatilité musicale, Wabasso souhaite donner une place plus importante à une programmation féminine. Pendant les premières années, le Salon avait instigué la tradition de mettre de l’avant un groupe féminin au courant du mois de mars. Une initiative qui s’inscrit dans une volonté de démontrer que « les filles rockent autant que les gars, sinon plus! » Dès 2027, plusieurs groupes seront au rendez-vous sur les planches du salon, comme Les Shirley et Princesses, mais aussi des formations comme Nobro et Taxi Girls.
Le charme de la salle y est pour beaucoup en ce qui concerne son importance dans le circuit musical. La proximité avec le public ainsi que l’hospitalité de salon et du Restaurant Trou du Diable en font un endroit incroyable pour tourner.
Le groupe Galaxie qui remercie le public. © Sabrina Turcotte
Pour plus de détails sur la programmation, visitez le site du Salon Wabasso. Parmi ses coups de cœur à voir absolument, Éric cite notamment Gab Bouchard qui foulera les planches du salon pour la première fois le 31 octobre prochain. À ne pas manquer!