8 septembre 2026

Festival Mauricie Arts Vivants : L’audace au cœur du territoire

Par Caroline Ruest

C’est en 2023, lors de l’édition inaugurale du Festival Mauricie Arts Vivants (MAV), que nos chemins se croisent pour la première fois. Jérémy Verain, commissaire en arts vivants, trace alors les contours d’un nouveau projet qui l’habite pleinement. Trois ans plus tard, nos retrouvailles me confirment que son enthousiasme reste intact lorsqu’il évoque l’évolution du MAV. Quelle est sa signature unique dans l’univers des festivals ? Tel fut le fil conducteur de notre échange.

Pensé comme un trait d’union essentiel entre le territoire, les spectateur·rice·s et les artistes, ce festival automnal trouve son essence dans l’abolition des frontières entre les disciplines. Il façonne de nouveaux publics, conviés avec audace sur les chemins de la curiosité et de la découverte, tout en célébrant la singularité de voix artistiques émergentes et plurielles qui bousculent notre rapport au monde, au vivant, à l’identité et au territoire. Ayant pour mission de rendre accessibles les arts vivants contemporains en milieu rural, principalement dans la MRC de Maskinongé, le MAV propose une diversité de pratiques artistiques (cirque, danse, musique, performance, théâtre, marionnettes).

Le Battle All Styles de Mauricie Arts Vivants. © Vivien Gaumand

Trois escales artistiques en Mauricie

Comptant parmi les rares rendez-vous pluridisciplinaires de la province, le festival se distingue de manière inédite dans le paysage culturel québécois en faisant éclore les arts de la scène à travers plusieurs villages de notre territoire. « Cette année, on va à Saint-Élie-de-Caxton, Saint-Mathieu-du-Parc et Saint-Alexis-des-Monts. Le festival est l’occasion de découvrir ces villages ou de les redécouvrir, puisque l’on invite le public à assister à des spectacles dans des lieux inusités qui, pour la plupart, ne sont pas des lieux de spectacles. »

Édition 2023 du MAV. © Vivien Gaumand

Le pari de la solidarité et de l’émerveillement

La mission d’accessibilité du MAV s’épanouit d’abord auprès de ses publics, invités à la rencontre d’œuvres insoupçonnées qui viennent enchanter leur quotidien avec poésie. Pour les artistes, elle prend les traits d’une terre d’accueil enfin ouverte. C’est ici que s’accomplit une subtile réciprocité : le territoire s’offre au regard des créateur·trice·s, tandis que ces derniers et ces dernières se révèlent, avec une généreuse proximité, à ceux et celles qui l’habitent.

La mission d’accessibilité du MAV permet de s’ouvrir aux public et aux lieux inédits. © Vivien Gaumand

Cette philosophie de partage prend vie à travers une démocratisation culturelle concrète, portée par une tarification solidaire et inclusive. La gratuité accordée aux moins de dix-huit ans témoigne d’un engagement fort envers la jeunesse. « Il est très important pour nous de rendre le festival accessible aux enfants. Les expériences artistiques qu’on va vivre quand on est enfant ont la capacité de nous transformer et de nous marquer pour le restant de notre vie. » Au plus près des communautés, le festival tisse un maillage unique avec la population des trois villages d’accueil, leur réservant un tarif privilégié pour que la culture s’invite naturellement au seuil de leur quotidien.

Au-delà de la politique tarifaire, l’accessibilité se déploie aussi par l’action. Le MAV s’attache à métamorphoser le public en acteur de sa propre fête culturelle, un engagement qui s’incarnera cette saison à la patinoire de Saint-Mathieu-du-Parc, où une quarantaine de citoyen·ne·s de tous âges prêteront leur souffle et leurs pas à une performance dansée aussi unique qu’éphémère.

Agathe et Adrien en performance en plein air au MAV. © Vivien Gaumand

« La Mauricie est un territoire extrêmement vibrant. On a à cœur que le festival soit pour les artistes de la région un endroit où [iels] se sentent bien accueillis et où [iels] sentent qu’[iels] peuvent expérimenter les propositions les plus audacieuses. »

Principe fondateur du MAV : la pluridisciplinarité guide chaque choix. © Vivien Gaumand

Une mosaïque artistique aux horizons partagés

Comment est pensée la programmation? Principe fondateur du MAV, la pluridisciplinarité guide chaque choix afin d’offrir un éventail de propositions aux esthétiques plurielles, miroirs vibrants de notre époque.

Cet horizon artistique s’anime d’abord d’un désir d’ouverture sur le monde. Le festival s’attache ainsi à bâtir des ponts internationaux, un déploiement au long cours qui se prépare des années à l’avance. L’ambition demeure entière : saisir le regard des communautés en révélant des formes d’expression insoupçonnées et inédites. « Ce qu’on veut, c’est surprendre le public en l’amenant dans des univers qui vont l’émerveiller et laisser une trace dans son imaginaire. » Cette promesse prendra notamment vie lors des spectacles de Bibi Club, Poncili Creación ou Moonshine & Pierre Kwenders.

La prochaine édition aura lieu du 24 au 27 septembre 2026. © Vivien Gaumand

En plus de son expansion internationale, il est dans l’ADN du MAV de mettre en évidence les talents de la région. Pour cette édition, la Mauricie déploie toute sa force créatrice en signant près de la moitié de la programmation. « La Mauricie est un territoire extrêmement vibrant. On a à cœur que le festival soit pour les artistes de la région un endroit où [iels] se sentent bien accueillis et où [iels] sentent qu’[iels] peuvent expérimenter les propositions les plus audacieuses. » Le public est ainsi convié à découvrir le concert du Trio Murmure (composé de Nicolas Pellerin, Jérôme Beaulieu et Amélie Poirier-Aubry), le spectacle de danse SoLOW de Marie-Ève Lafontaine, ainsi que la pièce Kiki et la colère d’Alexandre Dostie, où la littérature et l’art de la parole rayonneront.

Pour connaître la programmation complète du MAV qui se déroulera du 24 au 27 septembre prochains et ainsi ne rien manquer, nous vous invitons à visiter leur site.

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